AMO : le reste à charge, angle mort de la réforme de la santé

Mis à jour le 22 sept. 2026

La tarification de référence de l'AMO n'a pas été révisée depuis 2006, ce qui laisse une part croissante des soins à la charge des assurés. Médecins et experts y voient le principal frein à l'accès effectif aux soins.

Le mécanisme : l'AMO rembourse un pourcentage d'une Tarification nationale de référence (TNR), pas le prix réellement payé. La différence, le « reste à charge », est supportée par l'assuré.

Le problème : la TNR n'a pas été révisée depuis 2006, alors qu'une révision tous les trois ans était prévue. Les tarifs réels ont, eux, fortement augmenté.

Chiffres avancés par le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques de santé :

  • un affilié CNSS supporte 50,2 % des dépenses de soins ambulatoires, contre 41,1 % pour un assuré de l'ex-CNOPS ;
  • les ménages financent plus de la moitié des dépenses de santé sur leurs propres ressources ;
  • 41,5 % des Marocains renoncent aux soins, dont 36 % parmi les personnes couvertes.

Contexte : le budget de la santé est passé de 19,7 milliards de dirhams en 2021 à 42,4 milliards prévus en 2026, et environ 32 millions de personnes sont inscrites à l'AMO. Les professionnels appellent la Haute Autorité de santé à débloquer la révision de la TNR.

Pour l'oral : distinguer couverture juridique (être inscrit) et accès effectif aux soins (pouvoir payer le reste).

Source : Le360 / Hespress FR